Ascétisme, Ascèse

Qu'est-ce que l'ascétisme?

1). Ascétisme: mode de vie austère, fait de privations, afin de faire dominer l'esprit sur le corps.
2). Genre de vie des ascètes qui consiste à rechercher une libération de l'esprit par la mortification des sens.
3). Ensemble des pratiques ascétiques (mortification, pénitence, …) qui ont pour but l’union intime avec Dieu.
4). Etymologiquement l'ascétisme est l'abnégation, le renoncement et les exercices devant donner la force et la maîtrise de soi. L'ascète se consacre à des exercices de piété, à la méditation et aux mortifications.

Ascète - Ascétisme

Étymologie

Dans les sociétés où les hommes ont organisé leur vie spirituelle dans des formes ritualisées et organisées, il semble que l’ascétisme ait toujours joué un rôle sous des aspects et à des degrés divers selon les civilisations et les époques.

Étymologiquement le terme d’« ascèse » vient du grec askesis qui signifie tout simplement « exercice ». Il s’appliquait dans la Grèce antique aux exercices et à la discipline que s’imposaient les athlètes. Or c’est bien là le point commun entre les diverses formes de l’ascèse : il s’agit toujours de s’imposer une discipline et d’exercer ainsi sa volonté contre certaines tendances naturelles du corps.

Certaines écoles philosophiques ont employé les mêmes termes pour représenter l'austère discipline à laquelle leurs adeptes devaient se soumettre, afin d'atteindre le but suprême proposé par leur doctrine. Ces expressions ont été reprises par les chrétiens dans un sens analogue, et elles ont reçu d'eux leur principale notoriété. Clément d'Alexandrie, platonicien converti qui mourut vers 220, appelle ascètes les personnages de l'Ancien Testament qui se sont distingués par l'austérité de leur vie. Dans son traité le Riche peut-il être sauvé? il énonce les principes de l'ascétisme idéalisé.

Plus tard, la qualification d'ascète fut réservée aux anachorètes et aux cénobites. Le régime qu'ils pratiquèrent peut se résumer en quelques mots : lutte constante contre les instincts physiques, exercices systématiques de renoncement et de mortification; aujourd'hui encore, il forme, en théorie du moins, le fond de la plupart des règles monastiques.

Sens moderne

Le mot est emprunté au latin chrétien asceta, asceteria du Ve siècle, signifiant « moine ou religieuse, monastère ou couvent ». Avant ce sens religieux, le grec askêsis « exercice » s'appliquait à de nombreux arts et métiers, et en particulier l'athlétisme. C’est ainsi qu’en Inde par exemple, la pratique de l’ascèse englobe à la fois des exercices corporels destinés à maîtriser le corps, des exercices sur le souffle destinés à maîtriser à la fois le corps et l’esprit ainsi que des formes de jeûnes alimentaires et des exercices de méditation. Chaque tradition prescrit ses exercices, souvent autour du jeûne et de la prière, mais on trouve aussi la méditation, la mortification et l'abstinence sexuelle.

L'ascèse vise à atteindre un idéal élevé, comme la santé, le bonheur, la sagesse, la vérité et le salut. Ce renoncement aux fruits de l'acte tout en s'y consacrant entièrement est une découverte religieuse qui se transmet depuis à d'autres domaines, comme l'art.

Présentation

L'ascèse spirituelle désigne une vie sobre et sans superflu qui vise à la fois la santé et le bien-être optimal et la conscience de ce qui est essentiel. L'ascèse permettrait d'augmenter et de maintenir la sensibilité du corps et de mieux ressentir le sens de nos propres actions et des événements de notre existence.

L'ascèse a également une connotation intellectuelle. Elle vise alors une réflexion rigoureuse. On y trouve des techniques dites de "discernement", ainsi qu'une ascèse morale qui tente de se défaire de l'ego pour accéder à plus de compassion et d'amour.

Il existe une ascèse qui se rapporte au corps sans être tout à fait coupé de la pensée. La Règle de saint Benoît vise par exemple un équilibre entre le travail manuel et la prière. On y retrouve aussi le jeûne. D'autres pratiques, comme le végétarisme, visent à éviter ce qui nuirait à la corps : (excès de) viande, drogues, alcool etc.

L'ascétisme dans la religion

Les religions (ou même certaines écoles philosophiques de l’Antiquité) prônent d’ailleurs chacune des formes d’ascèse très encadrées telles que le jeûne (alimentaire ou sexuel), les prières rituelles ou les veillées nocturnes. Ces exercices ont pour but de fortifier la volonté du croyant en l’amenant à maîtriser les pulsions les plus basiques du corps (faim, soif, sommeil etc.). Tant qu’elles ne dépassent pas le cadre exotérique qui balise très clairement ces pratiques, l’ascèse reste un exercice de la volonté et une discipline de vie qui garde la mesure et l’équilibre. Mais nombre de mystiques, voulant dépasser les simples prescriptions religieuses, ont érigé l’ascétisme en règle de vie et en ont fait le centre même de leur pratique spirituelle. Aujourd’hui, c’est surtout à ces formes extrêmes de l’ascétisme que l’on songe quand on emploie ce mot ou celui d’ascète qui désigne une « personne qui s’impose, par piété, des exercices de pénitence, des privations, des mortifications ». L’idée de piété est ici essentielle car elle montre que ces pratiques de mortification du corps poursuivent un but moral et spirituel et qu’elles se fondent sur l’idée qu’il faut lutter contre les exigences du corps afin de faire triompher l’esprit. Ainsi, dans l’approche mystique dans les mondes chrétiens et musulmans mais aussi dans le bouddhisme et l’hindouisme, toutes les formes de la mortification du corps (par la privation ou l’agression) qui ont pour but de l’affaiblir afin de donner la primauté à l’esprit sont valorisées de même que le retrait du monde qui est une manière de se couper des tentations inhérentes à la vie en société.

Ce retrait du monde pour vivre dans l’isolement, que ce soit dans le désert ou dans un monastère peut d’ailleurs être considéré comme une mortification psychique qui coupe l’individu de sa dimension sociale. Quoi qu’il en soit, pratiqué dans cet esprit, l’ascétisme est très différent d’un simple exercice de volonté puisqu’il a pour but (comme le mot même de « mortification » le suggère), l’élimination pure et simple de la dimension corporelle et des pulsions qui lui sont attachées ou du moins leur réduction au minimum nécessaire à la survie. Cette réduction du pôle terrestre du soi est supposée connecter l’esprit aux mondes spirituels et susciter des états modifiés de conscience tels que l’extase, les visions, etc. Ainsi, la pratique de l’ascétisme élimine les plaisirs du corps et les remplace par les plaisirs de l’esprit.

L’ascétisme : L'union intime avec

“ CERTAINS ermites portaient des entraves de fer, des chaînes, des ceintures barbelées et des colliers cloutés [...]. D’autres se roulaient dans les épines et les orties, s’exposaient volontairement aux piqûres d’insectes, se brûlaient et irritaient leurs blessures pour en entretenir la purulence. La pratique du jeûne allant de soi, certains poussaient le zèle jusqu’à manger uniquement de la nourriture pourrie ou répugnante. ” — The Saints [Les Saints], par Edith Simon.

Depuis l’époque de Socrate (Ve siècle av. J.-C.) au moins, on estimait généralement qu’une vie dépouillée de tout superflu, débarrassée des plaisirs sensuels et matériels, était une condition préalable à la vraie sagesse. Les ascètes pensaient que les mortifications corporelles aviveraient leur sensibilité spirituelle et les mèneraient à l’illumination véritable.

Il n’est pas facile de donner une définition précise de l’ascétisme. Pour certains, il s’agit uniquement d’autodiscipline et de renoncement. Les premiers chrétiens tenaient ces vertus en haute estime (Galates 5:22, 23 ; Colossiens 3:5). Jésus Christ lui-même recommanda à ses disciples de mener une vie simple, exempte des inquiétudes qui peuvent résulter d’un mode de vie matérialiste (Matthieu 6:19-33). Cependant, on associe généralement l’ascétisme à des mesures beaucoup plus austères, voire extrêmes, telles que celles décrites plus haut. Ces pratiques ascétiques, spécialement dans leurs formes les plus extrêmes, sont-elles vraiment la clé de la sagesse et l'union intime avec ?

L'ascétisme dans ce bas-monde c'est la diminution des aspirations. C'est la confiance en Dieu avec l'amour de la pauvreté. L'ascétisme dans ce bas-monde c'est la diminution de l'espérance. L'ascétisme c'est que le cœur soit vide de ce qui ne se trouve pas dans la main. L'ascétisme est le délaissement de ce qui est inutile dans l'au-delà. L'ascétisme c'est le fait de voir ce bas-monde avec l'œil de l'éloignement : il devient infime à tes yeux, et tu peux ainsi facilement t'en détourner.

Prenons l’exemple de Catherine de Fiesque, fille de famille italienne, intelligente et d’une grande piété. Déçue par un mariage malheureux, cette jeune femme chercha d’abord du réconfort dans les plaisirs et les agréments que sa position sociale pouvait lui procurer.

Tout changea lorsqu’elle eut 26 ans, au moment où elle ressentit ce que l’on appela sa “conversion”. Dès lors, “elle s’infligea de grandes pénitences de façon à mortifier tous ses sens. (...) Dès qu’elle se rendait compte qu’elle avait envie de quelque chose, elle s’en privait aussitôt. (...) Elle portait une haire, ne mangeait ni viande ni rien de ce qu’elle aimait; elle ne prenait jamais de fruits, ni frais ni secs (...) et elle vivait dans la plus grande soumission envers tous, s’efforçant continuellement de faire tout le contraire de ce que sa nature réclamait”.

Cette citation est extraite de la biographie de celle qui fut appelée par la suite “sainte Catherine de Gênes”. Quand on lui demanda pour quelle raison elle s’imposait de telles mortifications, elle répondit: “Je ne sais pas, mais je me sens intérieurement poussée à le faire (...) et je pense que c’est la volonté de Dieu.” Elle croyait que ces mortifications constituaient un moyen de purification qui lui vaudrait la faveur de Dieu et le bonheur véritable. Ensemble des pratiques ascétiques (mortification, pénitence, …) qui ont pour but l’union intime avec Dieu.

L’ascétisme consiste non pas à délaisser cette vie ici-bas mais de s'en désintéresser. C’est de s'élever de telle sorte que nul et rien, en dehors de Dieu, n'occupe l'esprit.

Le plus ascète des gens est celui qui n'oublie pas la tombe et le malheur, qui abandonne la meilleure parure de la vie d'ici-bas, qui préfère l'éternel au mortel, qui ne compte pas le lendemain parmi les jours de sa vie, et qui se considère déjà au nombre des morts.

La même attitude se retrouve chez un Espagnol connu sous le nom de “saint Jean de la Croix ”. Entre autres conseils, ce dernier recommandait que l’on cherche “non pas ce qui a le meilleur goût, mais ce qu’il y a de pire; non pas ce qui plaît, mais ce qui dégoûte; non pas ce qui est élevé et précieux, mais ce qu’il y a de plus vil et de plus méprisable, en tout non le meilleur, mais le pire”. C’est encore lui qui disait: “Méprisez-vous et aspirez à ce que les autres vous méprisent; parlez en votre défaveur et souhaitez que les autres en fassent autant; concevez une piètre opinion de vous-même et trouvez bon que d’autres la partagent.”

Ainsi, l’ascétisme consiste en ce que le désir se détache de l’objet pour rechercher ce qui est meilleur. Ainsi, celui qui sait que ce qui est auprès d’Dieu est impérissable et que la Vie Futur est meilleure sait également que le diamant est meilleur que la glace. Car le monde d’ici-bas s’apparente à de la glace exposée au soleil, qui ne cesse de fondre sous la chaleur. En revanche, la Vie Future s’apparente à une pierre précieuse indestructible. Aussi, c’est en fonction de la certitude de l’inégalité entre le monde d’ici-bas et la Vie Future que s’intensifie le désir d’échanger l’un pour gagner l’autre.

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